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Exposition TEINTES ÉTEINTES

mardi 13 décembre 2011

LE SUCCÈS D’UN BEAU PROJET AUTOUR DE LA COULEUR !

L’exposition Teintes Éteintes présenté à la mi-décembre a constitué le troisième volet d’un triptyque sur la couleur engagé à l’ORT Strasbourg avec les étudiants de Manaa (Classe Prépa aux Arts appliqués) et ceux de BTS en Design de Mode 1ère année.

Volet théorique sur les fondamentaux de la couleur d’abord, puis volet historique sur la polychromie et les couleurs disparues des architectures et de la statuaire antiques et enfin en guise de conclusion de ce triptyque, une exposition, réflexion théorique en même temps que plastique et chromatique dans le champ bien déterminé des teintes éteintes, dégradées, délavées, rompues ou rabattues…

Le champ d’expérimentation et de travail concernant la thématique de l’exposition -Teintes éteintes - à laquelle collègues et étudiants ont été invités à réfléchir, a écarté les espèces disparues ou les couleurs menacées… Il s’est agi d’un travail de recherche sur la couleur dans le domaine du contraste de qualité. Ce contraste de qualité désigne l’opposition entre les couleurs saturées, lumineuses et les couleurs ternes et éteintes.

Les couleurs pures perdent de leur intensité, de leur luminosité, dès qu’elles sont éclaircies ou assombries. Elles peuvent être ternies ou rompues de quatre manières différentes : en les mélangeant à leurs complémentaires, en les mélangeant à du blanc, à du noir ou à du gris.

Les propositions se sont donc développées dans le champ chromatique des couleurs éteintes, des couleurs dégradées, des couleurs rabattues ou rompues.

Ces teintes que nous obtenons ainsi, nous avons parfois du mal à les nommer ; or nous savons qu’il existe presque une relation ontologique entre lexique, nomination et identité des couleurs. Nous essayons de les définir par rapport à leurs antécédents et par rapport au mélange dans lequel nous les avons conduites... (un gris clair teinté de cobalt, un rouge brique terni de vert, un vert émeraude éteint et rabattu vers le noir, un magenta tyrien dégradé vers le rose puis le blanc… etc…)

Ce travail a constitué une réflexion sur la métamorphose chromatique, qui a exclu outrance et foisonnement de couleurs. Il a constitué aussi un travail de recherche sur les lisières où la couleur tend à disparaitre.

Réflexion quasi philosophique également, sur la dégradation des couleurs et sur cette forme d’imprécision du monde coloré, sur le travail et sur l’effet du temps, sur la réalité des pigments altérés par les années et celle de la couleur qui perd de sa substance et de sa pureté.

Réflexion également sur l’assimilation des couleurs de l’environnement dans les projets contemporains en architecture, comme l’un de nos collègues l’a souligné…

Voilà donc les différentes thématiques abordées et le champ d’application dans lequel nous avons travaillé.

Travailler sur un projet transversal impliquant plusieurs niveaux de formation et plusieurs enseignants, jeter des ponts entre les étudiants et leur permettre d’acquérir des éléments fondamentaux pour leur culture artistique, créer une dynamique institutionnelle autour de thématiques communes, utiliser ce projet comme tremplin de communication interne et externe… Ont constitué quelques uns des objectifs qui nous a permis de développer ce projet autour de la couleur.

Mon souhait avait été également de porter l’exposition sur le champ didactique et pédagogique pour nos étudiants, car c’est bien au cœur d’une école que le projet a germé.

Le vernissage de l’exposition doublé d’un beau programme culturel et musical a remporté un vif succès, près de 300 personnes ont défilé à l’exposition en 3h00 le dimanche soir 11 décembre, des étudiants en architecture, des classes de l’établissement et notamment les étudiants des sections artistiques ont pu également visiter l’exposition durant la semaine.

Richard Aboaf