search2 facebook3 youtube school phone mail2 twitter

Enseignement supérieur
Mercredi 6 Février 2019
de 9h30 à 16h00.

Bientôt à l’ORT Strasbourg
Ouverture du BTS SIO
Système Informatiques aux Organisations

Ouverture prévue pour la rentrée 2019

Interview de Jean-Michel Koch - L’autonomie des élèves

jeudi 4 octobre 2018

Education - Interview de Jean-Michel Koch / DNA du 2/10/2018
L’autonomie des élèves
Jean-Michel Koch a quitté ses fonctions d’inspecteur d’académie-inspecteur pédagogique régional (IA/IAPR) en arts plastiques fin septembre. Retour sur sa carrière.

Jean-Michel Koch : « Faire confiance aux professeurs. » DR

Combien de temps avez-vous exercé votre “ministère ” ?

« J’ai pris mes fonctions en 2003 ; cela fait donc quinze belles années passées aux côtés des professeurs et des élèves, dans le cadre d’un des plus beaux enseignements qui soient, qui met en relation des générations d’élèves au contact du foisonnement artistique passé, présent… et à venir, puisque ces élèves sont le visage, l’intelligence et la sensibilité de demain ! »
« Je crois dans les vertus de l’événement au cœur des enseignements »

D’où veniez-vous et quel a été votre parcours avant d’occuper ce poste ?

« Tout en poursuivant des études en philosophie et en histoire de l’art à l’Université de Strasbourg, études à vrai dire interminables, j’ai commencé à enseigner comme remplaçant dans un CFA du centre de Strasbourg. Je tentais d’y enseigner du mieux que je pouvais le français et l’éducation civique. Lauréat de l’agrégation externe d’arts plastiques en 1984, j’ai entamé le long parcours d’un professeur d’arts plastiques dans l’académie de Nancy-Metz, d’abord près de Nancy, puis au collège de Rohrbach-lès-Bitche, en Moselle. Cette dernière période d’enseignement m’a permis, du fait d’un environnement particulièrement favorable (l’air de la biosphère, sans doute, mais aussi l’accueil chaleureux des élèves !) d’enrichir incroyablement mes expériences professionnelles d’enseignant et de formateur, en collège, en lycée, à l’IUFM de Nancy-Metz, à l’Université de Metz, ou encore à travers la création d’un service éducatif dans un musée. »

Combien d’enseignants couvrant les différents niveaux du collège et du lycée aviez-vous sous votre responsabilité ?

« Environ trois cents, répartis sur tous les collèges de l’académie et une cinquantaine de lycées. À compter de 2008, il m’a fallu également prendre en charge le nouvel enseignement généralisé d’histoire des arts au collège. Une aventure passionnante, conduite en binôme avec une collègue d’histoire ! »

Vous avez participé à l’impulsion de projets tout au long de votre ministère. Quels sont ceux que vous souhaiteriez tout particulièrement mettre en valeur ?

« Au-delà des missions classiques, mes fonctions m’ont en effet permis de proposer aux professeurs d’arts plastiques (et d’autres disciplines !) des projets parfois hors normes. J’ai toujours aimé les défis dans mon métier de professeur, et je crois dans les vertus de l’événement au cœur des enseignements. Je pense par exemple à cette extraordinaire création artistique menée grâce au soutien de la ville de Mulhouse dans les années 2010-2011 qui a touché les élèves de tous les lycées de Mulhouse fréquentant l’enseignement des arts plastiques et les élèves du lycée professionnel Stoessel. Ce projet a débouché sur la réalisation d’une superbe sculpture en métal (la fameuse Ourse de Mulhouse !), installée le long du Nouveau Bassin, dans l’espace public. Je pense également à l’extraordinaire exposition de cette année à la Fondation Schneider de Wattwiller, qui a ouvert son espace tout entier à l’accueil de 90 œuvres réalisées souvent collectivement par près de mille élèves du secteur. Je pense à l’explosion des créations de Lieux d’Art et de Culture dans notre académie, particulièrement mis en valeur ce mois-ci par l’exposition des professeurs d’arts plastiques eux-mêmes, dont les œuvres sont accueillies dans onze de ces LAC. Je pense encore à la contribution que l’enseignement des arts plastiques peut apporter dans de nombreux domaines de compétences, comme la maîtrise de la langue française (ou d’une langue étrangère). Les arts plastiques (et les arts appliqués) ont ainsi fortement participé au Printemps de l’écriture, une des opérations éducatives et culturelles majeures de l’académie, par exemple au lycée Ort, à travers des expositions artistiques et des défilés de mode s’inspirant des thèmes proposés durant de nombreuses années. Je pense enfin à la mise en œuvre de parcours spécifiques liés aux arts plastiques dans les collèges de Mulhouse pour aider à la réussite de tous les élèves… Mais c’est typiquement le genre de questions où la mémoire fait défaut, et donc où l’oubli et la frustration sont au rendez-vous… »

Quels messages souhaiteriez-vous laisser à votre successeur ?

« Un seul message fort, à vrai dire : faire confiance pleinement aux professeurs, et s’appuyer sur cette confiance pour accompagner leur évolution professionnelle vers toujours plus de compétences, toujours plus de facilité et de satisfaction dans la mise en œuvre d’un enseignement profondément ancré dans la pédagogie de projet, toujours plus de plaisir et de bonheur (oui, ces deux mots font partie de nos programmes d’enseignement !) dans l’exercice de leur métier. Je veux profiter de cette tribune pour saluer encore le magnifique travail accompli par les professeurs, au quotidien, sur tout le territoire de l’académie, dans les collèges, dans les lycées, dans les structures culturelles qui sont nos précieux partenaires, dans les services de l’action culturelle si formidablement dynamiques, toujours partants pour des projets, des expérimentations pédagogiques passionnantes, toujours aux côtés de chaque élève pour l’aider à construire son autonomie, qui constitue le but ultime de tous nos efforts de formation. Les enseignements artistiques sont au cœur de cet enjeu, donc au cœur de l’école. Ils méritent et ils ont besoin de toute notre attention et de toute notre énergie. »