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Les Justes des Nations et les Justes de France à l’ORT Strasbourg

mardi 5 février 2013

L’établissement ORT de Strasbourg a présenté une exposition sur Les Justes parmi les Nations et les Justes de France à l’occasion de la Journée internationale de la Mémoire de la Shoah et de la prévention des crimes contre l’Humanité du 27 janvier*, journée instituée par les ministres européens de l’éducation en octobre 2002.

Cette exposition a été entièrement réalisée à l’ORT Strasbourg, avec les collaborations de l’Institut Yad Vashem de Jérusalem, du Mémorial de la Shoah de Paris ainsi que des Dernières Nouvelles d’Alsace qui ont mis à notre disposition leurs archives documentaires et photographiques relatives notamment à l’inauguration de l’Allée des Justes, devant la Place des Halles à Strasbourg.

Déclinée en 23 grands panneaux, cette exposition retrace l’historique du processus juridique de création du titre de Juste parmi les Nations, son fondement dans la tradition juive, les conséquences et les répercussions de ce choix, les Justes de France, la cérémonie du Panthéon de janvier 2007, le devoir d’histoire, le devoir de mémoire ainsi que le sens à donner à cet engagement. Plusieurs tableaux évoquent les actions de nombreuses personnes issues de toutes les couches et catégories sociales qui ont agi en France et en Europe, afin qu’une conception digne et généreuse de l’humanité se perpétue dans l’histoire.

De nombreuses personnalités ont participé à cette inauguration : responsables de l’Académie et du Rectorat, représentants de la Région Alsace et de la Mairie de Strasbourg, du Consistoire israélite du Bas-Rhin et de la Communauté, du Comité de l’ORT Strasbourg et de la direction générale l’ORT France, du Comité des parents d’élèves… Plusieurs enseignants de l’établissement étaient également présents…
Le staff de l’ORT Strasbourg réuni autour de Claude Sabbah, proviseur, de Raymond Kern président du Comité local et de Jean-Hugues Léopold-Metzger, vice-président de l’ORT France et représentant l’ONG ORT au niveau des instances européennes, a accueilli de nombreux amis de l’institution et de personnalités extérieures dont le Commandant Bruno Gagnaire et le Général Eric de Hautecloque-Raysz.
Des invités avait fait le déplacement pour la présentation inaugurale de cette exposition : François David, proviseur du Groupe Edmond Michelet de Brive - la - Gaillarde dans le Limousin, ancien directeur du Centre Edmond Michelet, qui porte le nom du grand résistant, chef du mouvement Combat et Juste des Nations qui fut déporté à Dachau ainsi que M Simon Malkès, du conseil d’administration de l’ORT France qui vient de publier un ouvrage sur Karl Plagge, officier de la Wehrmacht également Juste des Nations qui sauva sa famille à Vilnius en 1943.

Après les différentes prises de parole de M Claude Sabbah, de M Richard Aboaf et de M François David, Lloica Zackis, chanteuse Yiddish, a interprété avec beaucoup d’émotion deux chansons sur la déportation des juifs du Ghetto de Vilnius…

Le lendemain deux conférences animées successivement par M François David et M Simon Malkès, ont réuni sous les caméras de France 3 Alsace, les élèves des classes de seconde de l’établissement ; L’une qui a porté autour de la figure d’Edmond Michelet, a été animée par M François David, la seconde a été animée par Simon Malkès autour de son ouvrage, Karl Plagge, un Juste des Nations qui vient de paraître dans la catégorie Témoignage à la Société des Ecrivains.
M Frédéric Ansart, responsable de la Cellule vie scolaire et Délégué académique à la vie lycéenne participa à cette conférence.
Outre nos élèves du Lycée, de nombreuses personnes ont visité cette exposition ouverte au public strasbourgeois durant la semaine, maires de petites communes de France, responsables d’associations de déportés et de résistants, des scouts de France, des enfants et petits enfants de Justes des Nations, des membres de la communauté israélite de Strasbourg… Tous ont démontré l’intérêt porté à ce sujet et remercié l’établissement de cette réalisation.

L’exposition a pour vocation de circuler dans l’hexagone, elle sera visible dans d’autres lieux dès les premières réservations.


Frédérick Ansart

Délégué Académique à la Vie Lycéenne
Cellule vie scolaire


Evoquer la Shoah à travers Les Justes des Nations est en soit inhabituel, mais il s’agit bien de montrer que l’approche, l’enseignement et la postérité de cette mémoire peut se décliner de plusieurs façons.

L’établissement ORT de Strasbourg a choisi d’aborder cette commémoration de biais et non de manière frontale… du moins en ce qui concerne cette commémoration du 27 janvier.

Ce choix nous incite régulièrement à repenser l’enseignement de la Shoah ou ce qu’il est convenu d’appeler « Le devoir de mémoire », d’autres diront « le devoir d’histoire »

A l’heure ou les derniers témoins de la Shoah disparaissent, il est important d’interroger les modalités et l’enseignement de cette histoire, dans la mesure ou nous allons passer d’une mémoire de témoignage à une mémoire de transmission. Il nous faudra demain et peut-être même dès à présent parler et témoigner pour les témoins…

Il nous faut interroger cette transmission dans le champ institutionnel comme dans celui privé, à l’heure des amalgames, de l’euphémisation et de la banalisation de cette mémoire, lorsqu’il ne s’agit pas tout simplement de sa négation ou quand cette parole est parfois même interdite dans certains quartiers et lycées en France …

Pour revenir à l’exposition que nous ouvrons ce soir… Il n’est pas besoin de révéler l’horreur pour parler de la Shoah.

La Shoah, cette catastrophe sans nom, marqueur indélébile du siècle passé a révélé les failles abyssales de l’espèce humaine.

Si « le ventre fécond de la bête immonde » est au-delà de nous, les figures du mal elles, peuvent nous solliciter ou nous envahir à tout moment.

Abraham Burg, ancien président de la Knesseth le Parlement d’Israël a écrit dans un de ses ouvrages « C’est Hitler qu’il faut vaincre en nous » et cela est aussi une des leçons à tirer de la Shoah.

Vaincre Hitler en soi et au-delà de soi, voilà une leçon que les Justes des Nations nous ont légué.

Ces Justes des Nations, ces Justes de France, pour la plupart anonymes, ont risqué leur vie pour qu’une certaine image de l’Homme et de son Humanité se perpétue dans l’histoire, ils ont affirmé dans les actes que les valeurs humaines ne sont pas des principes désincarnés, et si la place qu’ils tiennent dans notre mémoire collective ne doit pas occulter la tragédie sans nom de la Shoah, ces hommes et ces femmes de toutes conditions nous rappellent qu’une autre France a existé face à celle de Vichy et qu’en marge du zèle collaborationniste et de la froide léthargie des foules, il y eu des valeureux qui résistèrent. Ce sont eux, avec ceux qui prirent les armes, qui ont incarné la France dans ce qu’elle a de plus universel dans la fidélité aux principes qui la constituent.

Aujourd’hui encore, ces anonymes de l’histoire, nous donnent une leçon de liberté, de courage et de générosité.

Paul Célan, sans doute le plus grand poète de langue allemande de l’après guerre qui a laissé une œuvre déchirante sur la Shoah, a écrit avant de se suicider en se jetant du pont Mirabeau en mai 1970 : « Finalement la cabane de l’exil est inhabitable… » Il renvoyait ainsi non seulement l’homme à son échec le plus terrible depuis les débuts de l’histoire mais également les hommes à leur responsabilité collective face à cet innommable drame.

Ces Justes des Nations sont venus dire que la sentence de Paul Celan n’était pas définitive, et que cette maison humaine, cette cabane de l’exil, de tous les exils, n’était pas à jamais inhabitable.

Reprenant une phrase des Psaumes du roi David, Emmanuel Lévinas a écrit au lendemain de la guerre : « Du plus profond des abymes, certaines petites lueurs nous ont éclairé mieux que des lumières »

Par leur engagement, ces Justes des Nations, acteurs et résistants de l’ombre, ont été précisément ces lueurs, ils ont été comme les piliers de soutien de la conscience humaine… Ils continuent, de nous interroger et de nous interpeller sur notre capacité propre à décrypter et à dénoncer les folies, les extrémismes, les injustices de ce monde et à nous engager au péril même de notre existence.

Ils nous ont enseigné ce que signifiait l’exigence de dépassement, ce besoin d’arracher à la finitude et au temps quelque chose d’humain, d’exemplaire et d’éternel…

Les responsables de Yad Vashem à Jérusalem ont bien saisi qu’il y avait là une reconnaissance éternelle à adresser à ces hommes et à ces femmes ainsi qu’une dette morale imprescriptible.

Sur l’une des faces de la médaille des justes, il est inscrit en hébreu :

Kol H’amékayem Néfèch H’ahath, Kéïlou Kayam Olam Malé…

« Celui qui sauve une seule âme, sauve le monde entier… »

Je vous remercie


Elle est ouverte aux lycéens de l’Académie et au grand public


M Simon Malkes qui est parmi nous, vient de publier un ouvrage LE JUSTE DE LA WERMACHT qui est un témoignage historique sur la condition juive dans la ville de Vilnius placée sous le joug nazi… Il a mis en lumière dans cet ouvrage, l’action de Karl Plagge qui permit à de nombreux juifs d’échapper à l’extermination. Simon. Malkès a rendu hommage à cet officier allemand, pour qui il obtenu le titre de Juste parmi les Nations en 2005

Lloica Zachis, qui a animé durant deux années la chorale de l’ORT a interprété avec beaucoup d’émotion, deux chansons qui relatent la déportation des juifs de Vilnius : Es iz geven a zumertog C’était un jour d’été - Ghetto de Vilnius - 1941 (Paroles de Rikle Glezer / Musique empruntée de la chanson Papirosn de Herman Yablokoff.) et Friling Printemps - Ghetto de Vilnius, 1943. (Shmerke Kaczerginsky - Abraham Brudno)

* Cette date correspond à la libération du camp d’Auschwitz par les troupes e l’Armée Rouge

- M François David, proviseur du Lycée Edmond Michelet de Brive-la-Gaillarde qui vient tout droit de Corrèze a lui évoqué devant les lycéens l’engagement du chef du mouvement de Résistance Combat qui fut déporté à Dachau, le Juste des Nations, Edmond Michelet.

De nombreuses personnalités ont participé à cette inauguration, responsables académiques et rectoraux, représentants de la Région Alsace et de la Mairie de Strasbourg, du Consistoire israélite du Bas-Rhin et de la Communauté, du comité de l’ORT Strasbourg et de l’ORT France