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Monuments porteurs de sens et de valeurs à l’ORT

vendredi 27 janvier 2017

DNA - 26 janvier 2017

Monuments porteurs de sens et de valeurs à l’ORT
L’école ORT Strasbourg présente l’exposition « Mémoire de pierre », à l’occasion de la Journée internationale de la commémoration de la Shoah et de la prévention des crimes contre l’Humanité ce 27 janvier. Le public pourra la découvrir du lundi 30 janvier au jeudi 2 février.

Le Mur des Noms, mémorial de la Shoah, Paris. dOc. remis – marc-henry klein
L’ORT Strasbourg commémore chaque année, sur les recommandations du ministère de l’Éducation nationale, relayées par les instances rectorales et académiques locales, la commémoration de la Shoah et la prévention des crimes contre l’Humanité. La journée du 27 janvier doit faire prendre conscience aux jeunes collégiens et lycéens que le mal absolu existe et que le relativisme n’est pas compatible avec les valeurs de la République.
En même temps, il faut montrer que l’horreur s’inscrit dans une histoire qu’il convient d’approcher avec méthode, sans dérive ni erreur. Ainsi appartient-il aux institutions éducatives de faire réfléchir les élèves à l’Europe contemporaine avec ses guerres et ses tragédies, mais aussi à ses tentatives de synthèse autour des valeurs des droits de l’homme et à sa marche vers l’unité.
Il est nécessaire de montrer aux jeunes que ces valeurs ne sont pas de simples mots. Leur respect dans tous les pays du monde est fondamental et nécessite de la part de chacun d’être attentif à ce qui menace ces valeurs et de s’engager pour les défendre.
L’ORT Strasbourg commémore depuis plusieurs années cette mémoire par le biais d’expositions qui abordent le sujet de manière non frontale : les figures emblématiques, les tentations génocidaires, l’art, la philatélie, les Justes des Nations… Cette année, c’est la mémoire de pierre qui est déployée pour servir de tremplin à toutes les réflexions qui peuvent découler de la dernière guerre et de sa cohorte de tragédies ; la mémoire de pierre et ses traductions à travers les plaques, les stèles et les monuments qui commémorent la Résistance et la Déportation.
Si l’archéologie est là pour nous rappeler que la mémoire de pierre souvent subsiste seule, les autres supports, détruits par le temps, ayant cessé d’exister, il n’est pas étonnant que le souvenir des disparus ait pris une forme lapidaire. Même si elle plonge ses racines dans l’histoire lointaine, la réalisation de ces édifices à vocation mémorielle en France, de taille plus ou moins importante, n’est guère plus que centenaire. Elle traduit à la fois la constitution d’une nation et la prise de conscience de l’individu dans cette nation.
Cette mémoire de pierre émane tout d’abord d’un mouvement de société, que l’État a davantage accompagné que conduit. Aujourd’hui, un nouveau destin attend vraisemblablement ces plaques, stèles et monuments, alors que pour la première fois dans l’histoire contemporaine, la mémoire directe des événements n’apparaît plus portée par ses acteurs, par ceux qui l’ont vécue. Le témoignage vivant inexorablement s’éteint avec les derniers survivants qui nous quittent chaque jour un peu plus ; demain ils ne seront plus.
Des lieux de commémoration
En France, depuis 1945, il existe plusieurs milliers de plaques, de stèles et de monuments relatifs à la Résistance et à la Déportation en particulier. Cette matérialisation de la mémoire dans la pierre a aussi transformé des « lieux de mémoire » en « lieux de commémoration ».
La construction de monuments, l’élévation de stèles ou l’apposition de plaques traduisent les dimensions particulières de la Seconde Guerre mondiale : la souffrance des populations civiles, les actes de barbarie, les persécutions, les actes de Résistance, la tragédie sans nom et la déportation des juifs, la Shoah…
Ils évoquent des êtres de chair et de sang, hommes et femmes semblables à nous, personnages illustres, connus, mais aussi tous les obscurs, les ignorés, dont le nom parfois ne figure nulle part. Ils évoquent surtout des drames et des tragédies humaines.
Ces monuments nous ont semblé particulièrement porteurs de sens et de valeurs : héroïsme individuel ou collectif, combat pour la liberté, les droits de l’homme, le respect de l’altérité… contre les fléaux que constituent le racisme, la tyrannie, l’oppression…
Parfois ils évoquent la banalité du quotidien de l’horreur, un terrible souvenir, comme la mise à mort d’un village entier dans une église, des actes de résistance héroïque, la rafle d’enfants juifs dans une colonie de vacances ou le départ d’un convoi vers l’enfer d’Auschwitz-Birkenau…
La mémoire de ces hommes, femmes et enfants disparus dans des conditions souvent innommables, trouve sa place et s’intègre non seulement dans l’histoire locale de la Résistance et de la Déportation, mais aussi dans l’histoire nationale, voire mondiale.
Les quelques stèles, plaques et monuments dont l’ORT Strasbourg a choisi de parler ont retenu son attention pour toutes ces raisons énoncées. Elles contribuent, en cristallisant l’histoire dans la pierre, à lui donner un contenu et un sens réels. Elles nous rappellent cette nécessité de lutter contre l’oubli, ce devoir de mémoire qui fonde notre humanité en progrès et en devenir. Elles symbolisent enfin, par cette matière d’éternité, la volonté d’honorer et de respecter les absents dans le cœur même de nos vies présentes et en même temps elles nous autorisent à affronter la fugacité du souvenir et la brièveté du temps.
Les contributions extérieures ont été nombreuses pour ce projet : Le musée de la Résistance et centre Edmond-Michelet de Brive-la-Gaillarde, la fondation pour la Mémoire de la Shoah à Paris, la fondation de la Résistance, la fondation de la France Libre, le centre pour la Mémoire d’Oradour… ont entre autres apporté leurs contributions documentaire et photographique à l’élaboration de cette exposition.
Le livret pédagogique qui l’accompagne renferme l’intégralité de cette exposition, une importante bibliographie ainsi qu’un ensemble de questions et de réponses sur les différents sujets abordés.
L’exposition peut être visitée du lundi 30 janvier au jeudi 2 février, de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. L’entrée se fera dans la semaine par l’ORT Laure Weil au 11 rue Sellenick – Strasbourg.